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 avenue du Camp, Commune d'Idron, le 17 juillet 2001 :

Cette avenue du Camp a bien changée depuis les années fastes du 1er RCP au camp d'Idron. il n'y a bien sûr plus le mur , près de la Vierge noire au début de l'avenue où était inscrit en lettres majestueuses " Premier Régiment de Chasseurs Parachutistes "

les maisons ont poussé comme des champignons, et ,..... tout au fond de l'avenue, dans la pénombre créée par la végétation , .....on distingue l'entrée du camp. La végétation cache tout ! .....les bâtiments écrasés par le poids des ans et des arbres qui, sans complexe, essaient de gommer l'histoire du lieu, sont à peine visibles. Seul émerge de cette jungle, juste avant le poste de police du camp, un énorme rocher. Que fait une pierre de cette taille à cet endroit ? qui l'a mise ? et pourquoi ?

pour en avoir la réponse il faut remonter le temps. Une averse soudaine va m'en donner l'occasion . bien à l'abri sous un coin de toiture non éventrée du premier Bâtiment rencontré, ........je me remémore l' Histoire de ce rocher offert au 1er RCP, alors au Camp d'Idron , par  les habitants de la commune du  Ménil en remerciement  des services rendus en 1944. A cette époque le 1er RCP faisait encore partie de l'Armée de l'Air. Il a , dans les Vosges et au Ménil , combattu Valeureusement, obtenant ainsi l'attribution de la Croix de Guerre avec Palme le 16 mars 1945. Le texte de cette Citation à l'ordre de l'Armée Aérienne, sera signé par le Général de Gaulle.

mais qui est intéressé aujourd'hui par cette histoire ?  

un jour de juin 2001 , un message envoyé par un gamin d'Idron, habitant près du camp depuis quelques mois, et qui un jour, comme à son habitude surfait sur Internet, était tombé par hasard sur le site du Camp d'Idron. Son message, dont je vous livre ici la teneur, m'a ému peut être un peu plus que les autres.

" je m'appel   .......... j'ai 14 ans   et  j'habite tout près du camp Militaire. je suis tombé par hasard sur votre site. je vais souvent  jouer dans le camp avec mes copains.

j'étais loin de me douter de l'Histoire de ce camp en ruines. Votre site que j'ai parcouru en entier m'a appris ce que je ne soupçonnais même pas. Je n'irai plus de la même manière dans cet endroit................. 

" Un automne dans les Vosges " le texte qui suit a été écrit par le Général Jacques Faure au début des années 70. 

Créé à Fès le 1er mai 1943, le 1er RCP a été constitué à partir de la Compagnie d'Infanterie de l'Air numéro 1. Après maintes Opérations le Régiment est mis à la disposition du Général du Vigier, commandant la 1ere Division Blindé. Il est transporté le 4 octobre à Rupt sur Moselle dans les Vosges. 

la nouvelle manoeuvre des Vosges tend à déboucher en Alsace vers Guebwiller, au nord , et vers Bussang et Oderen au sud.....Affecté à la 1ere DB du Général Touzet du Vigier, le 1er RCP quitte Valence et rejoint la région de Luxeuil et Faucogney. 


 

 

 

            - La pression Allemande oblige le commandement Américain à renforcer son front Nord en prélevant deux de ces bataillons qui tenaient la forêt de Longegoutte et le village de Ferdrupt. ce repli inatendu, le 2 octobre, contraint les Français à un engagement précipité pour que cette base de départ de l'Action sur l'Alsace ne tombe pas aux mains des Allemands.

notre section de reconnaissance composée uniquement d'Officiers et d'Aspirants, fait mouvement aussitôt . Elle trouve très vite le contact et l'Aspirant Berger est tué. Simultanément , la 8eme Compagnie est transportée en hâte à Rupt. Le 3 à midi elle occupe Fredrupt, la 10eme Compagnie la suit et dans la soirée elle s'enfonce dans la forêt du Gehan où elle est stoppée très rapidement.

la 9eme Compagnie la rejoint dans la nuit . Toutes deux font sauter au petit jour la résistance Allemande. La 4eme Compagnie , sévèrement accrochée, est dégagée par la Compagnie d'Appui . Elle se replie sur Ferdrupt. 

la muraille de verdure qui nous domine est très habitée et solidement tenue par l'ennemi. Notre mission est de déborder le village du Thillot par le Nord, mais les unités Allemandes, masquées par la forêt rendent toute manoeuvre inefficace. Nous risquons de nous faire grignoter par des actions multiples et stériles. il faut sortir de cette impasse. 

Je me rappelle alors le dispositif adopté par les Allemands dans une situation assez semblable lors des combats précédents la prise de Narvik. Les unités Allemandes sont vraisemblablement installées de part et d'autres de la crête proprement dite et doivent tenir la crête Militaire. 

je fais part au Colonel Geille de mes réflexions et lui soumet l'ordre que je pense donner . Il l'aprouve : les compagnies , les unes après les autres, progressent colone par un, le Colonel Geille et moi dirigeant la marche.

les Commandants de compagnie sont surpris par cette progression aussi peu académique, mais comprennent les raisons. La consigne est formelle , silence absolu !  en aucun cas ne se laisser  tenter par une action de détail sur un ennemi surpris. Nous devons passer comme des ombres , pour atteindre le col de Morbieu et nous en emparer par surprise, sans avoir été freinés et sans perte. 

La nuit est si noire sous les sapins que chaque homme doit tenir le précédent  par la musette. Gigantesque mille-pattes , le 1er RCP chemine silencieusement  à travers le dispositif ennemi , s'arrête , repart.  Je cherche à donner au déplacement la lente et uniforme cadence de la marche en montagne. La crête est vide.  nous la suivons scrupuleusement .

à plusieurs reprises, j'entends des bruits d'armes, à droite , en contrebas.  je crains que , dans  la monotonie de cette progression  certainement saccadée par les dernières unités de la colonne, l'une ou l'autre ne se laisse tenter de faire un coup .  Mais non , chacun a compris .  La discipline est parfaite et nous parvenons à proximité du Col de Morbieu, un peu avant l'aube. 

La 10eme Compagnie envoie une patrouille vers le col. Il est occupé par une unité d'Artillerie Allemande qui a aménagé la  position. Nous donnons à la 10eme Compagnie l'ordre de prendre le col. Aux premières heures du jour elle se déploie à distance d'Assaut, favorisée par le bruit que font les Allemands , occupés à l'aménagement de leur point d'appui. 

L'attaque bénéficie d'une surprise totale. la 10eme compagnie enlève la position , sur laquelle de nombreuses armes , dont deux pièces d'Artillerie de 150, sont récupérées. Le premier Bataillon occupe le col de Morbieu dont il doit assurer la défense . Nous continuons la progression avec le 2eme Bataillon vers la hauteur qui domine le village du.............. Ménil.   le 2 / 1 RCP s'installe sur la crête du Midi. 

Le 6 octobre, les Allemands contre-attaquent . le 1 / 1 RCP au col du Morbieu repousse toutes les attaques. Le col reste au mains des Chasseurs Parachutistes du 1er. Mais l'ennemi parvient à s'enfoncer entre le col du Morbieu et le col de Rhamme , isolant le 1er RCP qui ne peut plus recevoir de ravitaillement ni évacuer ses blessés.

les chevaux de la batterie Allemande sont abattus et leur viande consommée crue, car nous interdisons d'allumer des feux. Coupés de l'arrière  , nous effectuons une série de coups de main.

le 7 octobre, la 1ere et 10eme Compagnie renforcent l'élément qui avait pénétré dans le village du Ménil , mais , l'effet de surprise passé, avait été débordé par le nombre. Les unités Allemandes qui décrochent sont prises à partie par la 4eme Compagnie qui leur inflige des pertes sévères ( 2 chars allemands venus en renfort de Cornimont sont mis hors de combat ) 

L'absence de tout réapprovisionnement en munitions nous interdit de pousser plus avant. Nous sommes toujours isolés dans la forêt du Gehan . Les blessés s'entassent au PC du Régiment sous la pluie et sans médicaments. 

le 9 octobre, le 3eme Régiment de Tirailleurs  Algériens , réussit à faire passer un convoi d'Ambulance et de camions de ravitaillement.  Les opérations de harcellement peuvent reprendre. 

le 15 octobre le Régiment est entièrement maître de la partie Est de la forêt du Gehan . Nous recevons pour mission  de nous emparer du COL du MENIL. L'attaque débute le 16, sous une pluie battante.      

Le col est pris après 3 heures de combat acharné allant jusqu'au corps à corps.  La progression reprend en direction de la cote 1008 . Au soir , nous nous en emparons . Le 1 / 1 RCP demeure au col du Ménil et en assure la défense. 

LA PLUIE TOMBE TOUJOURS ,  le 17 au soir, les Allemands déclanchent une attaque sur 1008.

ils sont stoppés par le tir de toutes nos armes et par une pluie  de grenades.  La nuit descend.  je retire la 5eme compagnie de son secteur et lui donne mission de se porter sur les arrières de l'ennemi et de l'attaquer au petit jour. Renforcé d'une section de la 10eme compagnie  , elle déclenche une contre-attaque vigoureuse qui surprend le Bataillon Allemand, lui infligeant de lourdes pertes , et permet de faire de nombreux prisonniers, dont le Commandant Blessé. 

Nous pouvons reprendre notre progression vers la cote 1111 . Je fais rejoindre le 1 /1 RCP qui laisse une compagnie au col du Ménil. Nous nous installons définitivement sur 1111. La pluie ne cesse de tomber. Nous repoussons dans la brume plusieurs attaques et , tour à tour , la 5eme et 6eme compagnie dégagent la position. 

L'état sanitaire du Régiment devient inquiétant . Les évacuations pour pieds gelés , dites pieds des tranchées, se multiplient. Les effectifs ne cessent de fondre. Ils descendent maintenant à 50 pour cent des effectifs du départ. 

Nous avons 129 tués et 339 blessés , ainsi que 280 évacués pour pieds gelés. Le 21 octobre nous recevons l'ordre de nous replier sur Travexin. C'est nécessaire, bien sûr !  Mais quel crève-coeur d'abandonner la partie quand le col d'Oderen semble si proche et l'Alsace à notre portée. Ne pouvant transporter toutes les armes et les blessés, nous enterrons mortiers et munitions, puis nous nous replions à travers le terrain des derniers combats.

                                      TEXTE DE CITATION

 décision numéro 528, sur proposition du ministre de l'Air. Le Général de Gaulle, Président du Gouvernement provisoire de la République Française, Chef des Armées, cite à l'ordre de l'Armée Aérienne . 

LE PREMIER RÉGIMENT DE CHASSEURS PARACHUTISTES " magnifique Régiment à l' âme jeune et ardente, capable de toutes les audaces et de tous les efforts " sous le Commandement du Colonel Geille, remarquablement secondé par le Commandant Faure, vient de prouver , pendant 15 jours ininterrompus de combats pour la conquête des cols des Vosges, à la fois son habilité manoeuvrière et sa volonté de vaincre. Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec Palme.  


 

 
                                            

 

 

La pluie a cessée de tomber, et par la partie du toit effondrée de ce Bâtiment du Camp Militaire d'Idron, je vois un coin de ciel bleu, sans nuages, comme lavé par la pluie d'il y a un instant. Je pense au Commandant  Faure, au Colonel Geille, au 1er RCP, à tous ceux qui ont combattus dans les Vosges. Je pense à ce gamin jouant dans les ruines du Camp d'Idron, et qui tout à coup découvre le passé prestigieux de ce Régiment tant d'années après l'abandon du Camp. 

la pluie de tout à l'heure, passant au travers de ce toit ouvert aux quatres vents a délavée un coin du sol , laissant apparaître ce qui reste d'une Devise. Oui, ces lieux ne sont plus habités depuis longtemps et pourtant certains jours, dans le grincement des branches d'arbres agitées par le vent, on croirait reconnaître le refrain d'un chant Para. Rêve ou réalité ? En partant je repasse devant le gros rocher, cadeau du Ménil, je croise un homme promenant son chien . Il se dirige vers le camp, dans ses yeux une lueur bien connu , c'est un habitué des lieux , il fait parti de ceux qui pourrait vous racontez , qu' ici ............... 

 

Cette page est dédiée à tous les combattants du 1er Régiments de Chasseurs Parachutistes, Officiers, Sous-Officiers, Chasseurs et engagés volontaire pour la durée de la guerre, qui au mois d'octobre 1944, sont montés à l'Assaut des Cols des Vosges, permettant ainsi aux futures générations de Parachutistes de porter la Fourragère aux Couleurs de la Croix de Guerre.

ci-dessous Cérémonie Commémorative du 1° RCP au MENIL en 1978 :

 


 
Adjudant-chef ESPLUGAS ( bras levé ) ensuite les Adjudants-chefs LACOR - VALENDOFF - SERVA ( ? ) - Adjudant CHAUVAT .
 
 
 

 

 

 

      www.1rcp.fr

 

 

 


campidron.fr  | campidron@wanadoo.fr